ASSEMBLÉE GÉNÉRALE du 24 mars 2015
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LE TOURISME d’AFFAIRES  et de LOISIRS –RÉFORME de la LOI sur la FORMATION PROFESSIONNELLE
Monsieur Jean-Luc MICHAUD
Président exécutif de l’Institut Français du Tourisme et de l’Institut  de Formation


Pour les années 2015, 2016, 2017, notre Association   a choisi  comme thème pour les « challenges AFDET » les différents métiers du tourisme sous toutes ses formes. Pour cette raison nous avons souhaité faire appel à un  expert en la matière, et nous remercions très sincèrement Monsieur Jean-Luc MICHAUD qui malgré ses multiples occupations, nous a fait l’honneur d’animer ce débat.
Monsieur MICHAUD a exprimé tout d’abord sa satisfaction d’être parmi nous, car il apprécie les actions menées par l’AFDET, sur le plan national pour le rapprochement école/entreprise.
Le tourisme est un  secteur national et mondial de l’économie, qui constitue un  atout pour notre pays tant sur le plan de l’économie que de la culture. Il faut se situer dans un  contexte mondial, car depuis un  demi-siècle les déplacements internationaux ne cessent de se développer ; les personnes comptabilisées aux frontières en 2010 s’élevaient à 1milliard, prévision en 2020 : 1 milliard et demi, et 2 milliards en 2030. La progression est supérieure à la croissance mondiale.
Le tourisme représente un élément majeur dans le développement mondial et ce n’est que la partie visible. On peut ajouter également les déplacements intérieurs à chaque pays soit environ 700 à 800 millions. Dans quelques années, à chaque habitant de la planète correspondra un déplacement touristique dans le monde.
Pour agir localement en France, il faudra penser le tourisme globalement car c’est une des activités la plus concernée par la mondialisation du fait de la révolution numérique : systèmes d’information, communication, réservations, choix des produits,  utilisation des réseaux sociaux, qui ont fait apparaitre un nouveau modèle de tourisme social. Il en résulte que la défiscalisation permet aux filiales des grands groupes du numérique, de priver les États d’importantes recettes fiscales.
La position de la France est structurellement solide grâce à la richesse de son patrimoine, la diversité de ses paysages et une offre très variée, elle reste la première destination au monde avec environ 84 millions de visiteurs par an.
Néanmoins nous devons porter davantage d’intérêt au tourisme et mener des actions, car nous sommes derrière les U.S.A. et l’Espagne  et si nous  n’y prenons garde, nous passerons après l’Allemagne, l’Italie et la Chine. Nous devons donc défendre notre position.
Pour y parvenir, nous devons adapter des produits aux nouvelles demandes, renouveler notre offre, améliorer nos qualités de service, notre savoir être face à la clientèle, et mieux maitriser les langues étrangères.
Il convient de se renouveler en permanence en raison du vieillissement de nos offres par rapport aux pays émergeants qui anticipent et évoluent face à des effets de mode, afin  de  surprendre, étonner et fidéliser la clientèle.
Un passage sous contrôle de plusieurs de nos entreprises serait nécessaire en raison du développement incontrôlé  par exemple, des chambres d’hôtes qui ne créent que très peu d’emploi.  Il est indispensable de mettre en place des politiques qui mettent en valeur les créations d’emploi avec amélioration des qualifications. Générer de l’emploi,  c’est également générer des recettes fiscales.

Il faut pouvoir répondre aux demandes du tourisme d’affaires et de loisirs. Il y a urgence à mobiliser toutes ces ressources exceptionnelles dont nous disposons ainsi que les talents des entreprises et des acteurs qui peuvent apporter leurs capacités de créer et innover dans ce domaine. Il faut absolument valoriser les ressources humaines, à travers l’apprentissage et la formation continue.
En France 2 millions de personnes sont employées dans le tourisme dont la moitié dans l’hôtellerie et la restauration, soit 200000 en région PACA.
Aujourd’hui  les grandes entreprises industrielles ne sont plus créatrices d’emploi (Renault sur  1 million cinq cent mille voitures en produit seulement ¼ en France). Le tourisme reste le plus grand créateur d’emploi au travers des PME.
Pôle Emploi a été chargé d’un rapport sur la formation et l’emploi dans les métiers du tourisme, portant sur l’attractivité du métier, sa valorisation et les formations,   nécessitant une plus grande coopération entre les différentes filières du tourisme, et un meilleur fonctionnement du marché du travail.
Le tourisme est reconnu aujourd’hui comme créateur d’emploi, producteur de richesses.
IL est nécessaire de travailler avec le Ministère de l’Éducation  Nationale pour faciliter les échanges avec  les entreprises, porter une attention sur les différentes filières, les nouveaux diplômes de formation dans le tourisme, car il y a un  risque de mauvaise lisibilité de ces filières dès lors qu’elles sont trop nombreuses ; Cette formation concerne 50000 personnes formées chaque année vers le tourisme dont 85% en niveau 4 et 5.
La moitié des personnes de ce secteur n’a pas reçu de formation et une autre moitié aura quitté ce métier au bout de 3 ou 4 ans ; Il reste donc 50000 emplois vacants de manière constante dans le secteur de  l’hôtellerie restauration. Il s’agit de métiers que l’on peut apprendre rapidement.
Il est possible de progresser et d’évoluer ; les acquis de base permettent d’entrer dans ces filières, mais grâce à la V.A.E., il est également possible  d’obtenir des diplômes à des niveaux supérieurs.
Pour valoriser ces métiers, il faut aider les jeunes et les familles afin de les leur faire mieux connaitre ; un effort d’information est nécessaire aussi bien de la part de l’Education Nationale que des Fédérations professionnelles.
Le « Guide du Routard » utilisé par les jeunes qui voyagent peut leur faire découvrir les métiers du tourisme, et les aider à saisir des opportunités à l’étranger auxquelles ils n’auraient pas pensé.
La loi de 2014 sur le financement de la formation professionnelle a été modifiée,  et le compte personnel de formation sera mis en place en janvier 2015, avec un  meilleur accès  aux contrats de qualification et un  assouplissement des V.A.E.
Il faut revaloriser l’image des professions du tourisme qui peuvent déboucher sur de véritables carrières.
Certaines initiatives vont  dans le bon sens, mais il faudrait créer davantage de liens et rapprocher les équipes pédagogiques et l’Institut Français du Tourisme et ainsi permettre de susciter des synergies. Le Ministère de l’Éducation Nationale développe les « campus  des métiers » dont 3 dans le domaine du tourisme, et l’initiative de la Fédération a permis de développer un pôle d’excellence.                      
La mobilisation nouvelle en faveur de la professionnalisation du tourisme a un  effet très positif et si tous les acteurs coordonnent leurs efforts comme l’Institut Français du Tourisme aux côtés de l’AFDET cela sera  très prometteur pour notre territoire.
M.MICHAUD nous a présenté un  état des lieux très complet, lucide et plutôt optimiste concernant l’avenir des métiers liés aux différentes formes de tourisme en France, et ses arguments nous confortent dans le choix que nous avons fait pour les « challenges AFDET ».

 

Les applaudissements de la salle étaient à la hauteur de la qualité de la conférence appréciée de tous, et nous  réitérons à M. MICHAUD nos remerciements les plus chaleureux.


Juliette OSTY

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